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de toutes les couleurs…

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Par contraste avec l’intense sobriété de notre nouvelle cave, nous avons repeint toutes nos bouteilles. Les couleurs ? Celles des lampions, des guirlandes. Celles, primaires et bigarrées, sans artifices, d’une casita sévillane, d’une paillote corse, du genre de celles qui font la fête. Du bleu, évidemment ; méditerranéen, azuré sur le blason des rois, paysan comme celui des charrettes. L’or et le sang, dans le désordre, car, ici, à la frontera, nous ne sommes pas encore tout à fait catalans, l’or et le sang, occitans, riches de sens, pauvres d’argent. Du vert, parce que nous n’avons pas attendu les nouveaux convertis pour comprendre combien la nature, nos garrigues, le maquis, cette terre âpre, étaient sacrés. Du gris, enfin, grès, schiste, calcaire usé et métal, aussi ; le gris aluminium de la statue vivante, intelligente qui désormais protège nos vins… Et comme des gamins qui jouent avec leur boîte de couleurs toute neuve, nous avons repeint les lettres de castelmaure, nous les avons tiré jusqu’au ciel, nous en avons peint des bandes, comme un code-barre polychrome (ce qui est un comble pour nous qui en avons libéré nos étiquettes !). Voyez-y ce que vous voulez. Pourquoi pas un bayadère si vous êtes Catalan (en ne perdant pas de vue que les bayadères, avant de nous revenir d’Inde par la Péninsule ibérique au XVIIIe, étaient des danseuses, éventuellement cousines de la médiocre Salomé). Sur nos vins, nos T-shirts, nos panneaux, notre tissu, nos grigris, nous avons tout simplement voulu renouer avec cette gaieté bigarrée, cette fraîche vivacité, cette salutaire franchise, à nos yeux consubstantielles de l’univers bacchique. Car, décidément, non, nous n’aurons jamais le vin triste !