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Où suis-je ? Immanquablement, cette question vous taraude quand, au tout premier jour, votre regard, depuis les vignes de Castelmaure, se pose sur la Serre. La lourde montagne aride, couchée telle une vieille lionne assoupie, pétrifiée, ne vous parle que de Sud. Vos yeux songent aux sierras andalouses chauffées à blanc par le soleil de midi. À la douceur des ocres de l’Atlas quand tombe le soir. À la violence de la pampa argentine, si le vent se lève.
Car il ne faut pas sous-estimer la Serre. Cette montagne magique, sorte de couronne de calcaire grignotée par la vigne, protège de tout son long le petit plateau de Castelmaure des cyclothymiques influences maritimes. Sur ses replis survivent, en un perpétuel combat avec la roche, de sobres garrigues dont la seule coquetterie réside dans les puissants effluves de thym, de romarin et de lavande. Dans ses entrailles se cachent des sources, des grottes et tant d’autres mystères.
À la lumière méditerranéenne de la Serre répondent, au Nord, la sombre et anguleuse brillance de longues coulées de schiste noir. Ici, à la manière corse, la densité du maquis, hésitant entre le vert et l’anthracite, couvre les versants de hautes collines annexées depuis la nuit des temps par les lourdes hordes de sangliers dont le poil dur fait écho aux teintes du sol. Entre chênes kermès, genévriers, arbousiers, mûriers et cistes, subsistent des chemins, des sentiers où l’homme n’obtient que de rares droits de passage.